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« La FSGT a une véritable politique de formation pour ses jeunes »

Est-ce que la FSGT forme ses jeunes ? Pourquoi ? Comment ? Respectivement pilote de l’espace fédéral thématique jeunesses et coordonnatrice du domaine de la politique de formation, Clémence Beaufrère et Anne-Laure Goulfert répondent à nos questions.   

Une formation Bafa FSGT organisée en Normandie la saison dernière... © Clémence Beaufrère
Une formation Bafa FSGT organisée en Normandie la saison dernière... © Clémence Beaufrère

Quelle est la « touche » FSGT dans la formation des jeunes ? 

 

Clémence Beaufrère : Comme le stipule l'article 1 des statuts de la fédération, la FSGT a pour but de préparer ses adhérent·es à « leur rôle de citoyen·nes au service d'une République laïque et démocratique ». Cela se traduit concrètement par une politique de formation des jeunes licencié·es alliant apprentissage technique sportif, animation, encadrement, arbitrage et responsabilités associatives, afin d'en faire des acteur·rices de leurs propres pratiques. Notre double agrément « jeunesse et sports » et « éducation populaire » reflète notre engagement à faire des activités physiques un outil d'émancipation, notamment en proposant une offre de formation variée.

 

Quelles premières formations d’encadrement proposez-vous aux jeunes ? 

 

Anne-Laure Goulfert : Avant même de proposer une formation d’encadrement sportif, institutionnalisée, à nos jeunes, beaucoup se forment sur le terrain, dans leur club et au contact des encadrant·es plus expérimenté·es, avec de la co-animation. C’est la formation sur le tas. Pour favoriser la montée en responsabilité des jeunes, la FSGT propose des brevets fédéraux d’animation (BFA), qui permettent aux jeunes dès douze ans de se former à l’animation sportive bénévole, de l’aide-animateur·rice au formateur·rice. Le Bafa, avec plus de cinquante sessions proposées chaque saison, permet lui l’animation volontaire, à partir de seize ans, dans les centres de loisirs, en périscolaire ou lors des vacances. Enfin, le certificat de qualification professionnelle (CQP) est la première formation d’encadrement professionnel, dès seize ans, qui permet d’animer des activités sportives contre rémunération. Tous nos formats de formation se construisent autour d’un axe fondamental de l’apprentissage par l’action, le droit à l’erreur et l’auto-animation.

 

Comment attirez-vous les jeunes dans l'arbitrage ?  

 

ALG : Il faut d’abord briser l’image du/de la « gendarme » solitaire. Le sifflet doit devenir un outil de valorisation. L’arbitrage s’intègre dès le plus jeune âge dans nos clubs comme un module de jeu classique. Aussi la formation d’arbitre, de juge ou de commissaire est souvent couplée avec nos formations de BFA. En effet ; comment animer un groupe compétitif sans connaitre les règles du jeu ? Beaucoup de nos activités mettent en place des formations avec des mises en situation, du tutorat ou de l’arbitrage partagé. Sans compter qu’à la FSGT, avec nombreuses de nos activités en auto-arbitrage, chacun·e est sensibilisé·e. 

 

Quels leviers la fédération possède pour impliquer les jeunes à la prise de responsabilité associative ?

 

CB : La FSGT s'appuie sur plusieurs dispositifs. Depuis quatre saisons, la fédération dispense des sessions de brevet fédéral des responsables associatifs (BRFA) ouvertes à tou·tes les licencié·es. Cette formation fournit les clés de compréhension du fonctionnement associatif : volet juridique, réglementation et finances. En parallèle, de mars 2025 à mars 2026, une formation destinée aux jeunes dirigeant·es salarié·es a été proposée, articulée autour de modules portant sur l'histoire et les valeurs de la FSGT, ainsi que sur des notions fondamentales en communication, gestion de projet, management et ingénierie de formation. À terme, l'ambition est d'étendre cette offre aux jeunes dirigeant·es bénévoles, afin que l'ensemble de la relève associative dispose des outils nécessaires pour s'impliquer pleinement dans la vie des clubs et des structures fédérales.

 

Quelles méthodes utilisez-vous pour rendre les jeunes acteur·rices de leur formation ?
 

CB : À la FSGT, la pédagogie active est au cœur de nos formations : les stagiaires apprennent en faisant, en échangeant et en expérimentant, plutôt qu'en écoutant passivement. L'objectif est de les placer en situation de production et non de simple réception. Cette approche s'incarne dans les quatre principes du jeu sportif qui guident nos formations : tout le monde joue, mise en activité rapide, entrée par le jeu, et continuer de jouer plus et mieux. Pour accompagner cette progression, la FSGT s'appuie sur des dispositifs complémentaires : co-animation, coformation, stages et tutorat. Ces outils permettent aux jeunes de monter en compétences par étapes, dans un cadre bienveillant qui valorise l'expérimentation et reconnaît pleinement le droit à l'erreur comme levier d'apprentissage.

 

Quelle est la place du e-learning dans les cursus de formation des jeunes ? 

 

ALG : S’il ne remplace pas l'humain, il s'impose comme un outil complémentaire au service d'une pédagogie hybride, où le distanciel prépare le terrain, mais où le présentiel et l’accompagnement restent au cœur du projet. Cet outil offre une flexibilité temporelle inédite, brisant les contraintes géographiques, et de temps pour concilier passion sportive, études ou vie personnelle. Idéal pour capter un public connecté, le distanciel n'est pourtant pas magique. Parfois, nous nous heurtons à des limites concrètes avec une « fracture numérique » paradoxale. Pour certain·es jeunes qui maîtrisent les smartphones et les réseaux sociaux, l'usage professionnel de l'ordinateur, des plateformes de cours ou du simple mail reste souvent un frein. L’accompagnement est donc, là encore, essentiel.

 

Comment vos cursus favorisent l'engagement durable des jeunes ?

 

CB : La FSGT fait le choix d'un parcours de formation progressif, mais non linéaire, permettant à chaque jeune d'évoluer à son rythme et selon ses aspirations, sans se sentir enfermé·e dans un cadre unique et rigide. Cela débute par l'accès à la pratique, avec une centaine de disciplines et des formats aussi bien loisirs que compétitifs. De là, un parcours d'engagement se dessine : du BFA, première marche vers l'animation et l'encadrement, au BAFA et au CQP, qui élargissent les compétences en animation, sans oublier le BFRA, qui outille à la prise de responsabilités associatives. La participation à des rendez-vous tels que les Estivales de la fédération et ses temps institutionnels, ainsi que la formation des jeunes dirigeant·es et salarié·es, viennent ancrer cet engagement dans la durée. L'objectif n'est pas simplement de proposer des activités, mais de donner aux jeunes une place réelle au sein de la vie fédérale. C'est ce sentiment d'utilité et d'appartenance qui transforme une participation ponctuelle en engagement durable.

 

Comment la FSGT permet aux jeunes de valoriser leurs compétences associatives et sportives dans leurs parcours scolaires ou professionnels ? 

 

ALG : Encadrer, arbitrer, diriger : l’engagement des jeunes n’est pas seulement bénévole, il peut être qualifiant. La fédération a conçu des ponts, des passerelles entre ses formations pour fluidifier la montée en compétences. Un premier diplôme interne devient ainsi un tremplin naturel vers d'autres responsabilités. Pour valoriser ce vécu à l’école ou sur le marché du travail, la fédération mise sur deux leviers majeurs : le livret de reconnaissance d’engagement dans la vie associative, qui permet entre autres de faire financer une partie des formations fédérales. Et aussi la VAE, qui permet de transformer les heures passées sur le terrain en diplômes fédéraux, universitaires et même professionnels. Cela formalise les compétences invisibles - encadrement, gestion de projet, direction, autonomie ou rigueur - acquises au club. Un atout majeur pour renforcer un CV, briller lors d'un entretien ou valoriser son profil.


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