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Basket pour toutes : résister ! 

La question de l’antifascisme dans le sport trouve des traductions très concrètes dans le contexte actuel. Exemple avec le collectif Basket pour toutes. 

© Basket pour toutes
© Basket pour toutes

Le samedi 18 avril, la Ligue Île-de-France de la FSGT a organisé, avec l’association BPT (Basket pour toutes), un tournoi de basket féminin 5x5 à la Halle des Sports Rabelais de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Ayant connu une grosse réussite et réuni neuf équipes et plus de 80 joueuses, pour beaucoup venues hors de la fédération, cet événement signe surtout la continuité de la coopération entre les deux partenaires dans une même perspective émancipatrice. « Ensemble, faisons du basket un terrain d’égalité et de solidarité », résume, de la sorte, la Ligue sur son compte Instagram.


Basket pour toutes est une association mixte, avec des hommes et des femmes de toutes origines, confessions et cultures. Elle rassemble une quinzaine de membres, dont une dizaine actif·ves régulièrement. La majorité sont des coachs, président·es, joueurs et joueuses de basket-ball, mais également des personnes qui se sentent solidaires de leur démarche.


Sa création se niche dans le sentiment « que les discriminations sont en progression, tant dans le monde sportif que dans la société en général », comme l’explique Morgane Maquaire, une des coprésidentes. Basket pour toutes est donc clairement une réaction à cette évolution angoissante, mais dans le champ spécifique de la balle orange.


« Nous voulions vraiment lutter contre l’injustice du règlement de la FFBB (Fédération française de basket-ball), l’article 9.3 qui interdit le port d’accessoires à connotation religieuse ou politique en compétition », précise pour sa part Hélène Bâ, cofondatrice et coprésidente. « C’est pour cela qu’on a créé BPT avec Haïfa Tlili (chercheuse et sociologue) et Timothée Gauthiérot (président et coach d’un club de basket) : pour permettre à toutes les femmes de pouvoir faire du sport librement dans un cadre accessible, inclusif et bienveillant. »

 

Convergences des luttes

 

La rencontre avec la FSGT s’est dès lors effectuée assez naturellement dans une logique de convergence des luttes. « Nous l’avons rencontrée lors d’événements et de conférences autour du sport inclusif et populaire », poursuit Hélène Bâ. « Nos valeurs et nos missions s’alignaient. On apprend mutuellement, et c’est ça qui est intéressant. Face à l’urgence de la situation, il fallait proposer une solution aux femmes pour pouvoir continuer à faire du sport. »


Désormais, l’association multiplie les initiatives. Toutefois, « les principales actions menées aujourd’hui consistent à développer le championnat féminin FSGT x BPT afin de permettre à un maximum de femmes d’accéder à la pratique sportive, dans un cadre inclusif et bienveillant », résume Morgane Maquaire. Une volonté qui se heurte à des résistances et des frilosités qui signent l’ambiance en ce moment dans le pays et dans le sport. « L’un des principaux freins rencontrés reste la réticence de certains clubs affiliés à la FFBB à s’engager dans cette initiative », prolonge Morgane. « Ces derniers craignent certainement d’éventuelles répercussions financières et politiques, alors même que l’expérience du premier championnat en cours démontre un déroulement positif et répond à un réel besoin. »


Timothée Gauthiérot conclut provisoirement, avec une pointe d’espoir : « Les fédérations comme la FSGT et le championnat comme celui de la Ligue IDF et de BPT sont des exemples de réponse, d’auto-organisation, pour proposer un autre modèle et montrer que le sport populaire, inclusif et activement antiraciste est possible. C’est de la responsabilité de chacune et chacun d’y participer. » 

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