Les femmes au dernier fédéral de tennis de table
- Antoine Aubry

- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Près d’une quarantaine de femmes étaient présentes lors du fédéral FSGT de tennis de table toutes séries. Voici donc un portefolio (d’une partie) de ces dernières et un focus sur les problématiques auxquelles elles font face…

Organisé à Bouxwiller (Bas-Rhin) les 21 et 22 février 2026, le dernier Championnat de France FSGT de tennis de table toutes séries a connu un beau succès. Pendant tout le week-end, pas moins de « 187 pongistes venus de toute la France ont enchaîné les échanges dans une ambiance à la fois compétitive et chaleureuse », écrivaient les Dernières Nouvelle d’Alsace quelques jours après l’épreuve.
Parmi tou·tes les participant·es, on notait la présence de 35 femmes des ligues Grand Est, Sud Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Île-de-France, Centre-Val de Loire, Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. « Si la proportion de joueuses lors de ce fédéral était plus élevée que celle des pongistes licenciées à la FSGT, 18% contre 13, leur nombre reste trop faible », souligne Clémence Beaufrère, membre du PACSI (pôle des activités et culture sportive internationales) en charge du suivi de la CFA (commission fédérale d’activité) tennis de table.

Quelle est la principale conséquence de cette faible participation ? « Les femmes jouent moins de matchs que les hommes et affrontent tout le temps des joueuses qu’elles connaissent depuis des années », répond Lily Rogier, pilote de l’EFT (espace fédéral thématique) égalité femmes-hommes et qui était, comme Clémence Beaufrère, présente sur place. « Elles sont toujours heureuses de se retrouver, mais cela peut parfois être un peu frustrant. »
Lors des fédéraux de tennis de table FSGT, les femmes s’affrontent dans différentes séries selon le niveau qu’elles ont. Problème, le nombre de joueuses est parfois très réduit dans certaines catégories. À Bouxwiller, il n’y en avait par exemple que deux engagées en troisième série dames. Pour ne pas les rebasculer dans la quatrième série, et ainsi risquer de fausser la compétition à ce niveau-là, la CFA a décidé de les intégrer en troisième série messieurs…

Marion Boesinger était une des deux femmes concernées et elle a beaucoup apprécié pouvoir se confronter aux hommes… « C’était vraiment très sympa », assure cette adhérente du CPOZ (Club pongiste d’Obermodern-Zutzendorf), qui accueillait d’ailleurs ce fédéral. « Si nous n’avons pas réussi à nous qualifier pour les phases finales de la série, nous avons très bien joué et gagné plusieurs matchs. »
Comment ont réagi les hommes ayant affronté Marion Boesinger et sa comparse ? « Très bien dans l’ensemble, mais nous avons entendu une ou deux remarques désobligeantes dans le public, des personnes qui disaient qu’elles "jouaient bien pour des filles" », regrette Lily Rogier. « Et pendant les matchs, on sentait également que certains hommes ne voulaient absolument pas perdre contre une femme. »

« Je me suis toujours sentie bien accueillie et en sécurité lors des fédéraux FSGT », confie une joueuse ayant déjà pris part à de nombreuses épreuves nationales. « Mais il y a parfois des comportements sexistes. Ce n’est évidemment pas propre au tennis de table, et je suis sûre que c’est pire ailleurs, mais nous avons encore un peu de travail à ce niveau-là. »
Prévue les 27 et 28 juin 2026 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), la prochaine assemblée nationale de l’activité tennis de table permettra notamment d’aborder cette question et d’imaginer des solutions pour augmenter le nombre de femmes, tant dans la pratique qu’au sein de la CFA. « Il est donc essentiel qu’un grand nombre de joueuses y prennent part », assurent le PACSI et l’EFT égalité femmes-hommes d’une même voix.

Enfin, place à un petit mot sur l’organisation du fédéral… « Tous les participants, de Paris à Marseille et de Poitiers à Tarbes, ont salué le savoir-faire alsacien du CPOZ qui a conjugué rigueur sportive et sens de l’hospitalité », notaient les DNA à ce sujet. « Une quarantaine de nos bénévoles ont participé à cette organisation », précise Marion Boesinger.
Lors du championnat, plusieurs membres de la CFA tennis de table ont également été mobilisés. En amont de l’épreuve bien sûr, mais aussi sur place, notamment à la table de marque où l’ambiance était particulièrement sérieuse... Il faut dire que « la gestion des quelques 770 rencontres demande de la concentration et de la rigueur », assure Pierre Peron, le juge-arbitre de l’épreuve. « Merci à mon équipe - Jean-Marie, Kérim, Marc et Claude -, ainsi qu’à Lily Rogier et Clémence Beaufrère pour leur aide. »




Commentaires