La FSGT, fière d’être une fédération antifasciste !
- La rédaction

- il y a 2 jours
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La FSGT est née en 1934 de la fusion de deux fédérations de sport ouvrier : l’Union des sociétés sportives et gymniques du travail et la Fédération sportive du travail. Dans sa charte constitutive de la fédération, il est inscrit que « devant les menaces fascistes et les dangers de guerre ; les organisations sportives des travailleurs ne sauraient prolonger plus longtemps leur division ». Fière de son histoire, la FSGT reste fidèle aux valeurs qui l’ont vu naître. Et aujourd’hui, elle est la seule fédération sportive à se revendiquer antifasciste...

Dans une période où, à l’instar de la novlangue inventée par Georges Orwell dans son roman 1984 (publié en 1949), certains tentent de déformer, voire de renverser, le sens des mots, il convient de définir le terme « fascisme ». Le fascisme est un régime autoritaire d’extrême droite qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme.
À l’origine, le terme « fascisme » désigne la période mussolinienne de l'histoire italienne. Il est également employé pour qualifier des systèmes politiques inspirés de ce modèle, tout en présentant des formes et des caractéristiques différentes selon les pays.
Le fascisme se définit en opposition à l’idéologie démocratique. Il rejette la notion d'égalité au nom d'une hiérarchie naturelle entre les « peuples forts » et les « peuples faibles », destinés à être dominés, et exalte la tradition, ainsi qu’un idéal de pureté nationale et raciale qui nourrit le racisme, l’antisémitisme, l'homophobie ou encore l'exclusion des personnes en situation de handicap.
Par ailleurs, le fascisme glorifie la force et légitime la violence exercée par l’État contre les opposants, assimilés à des ennemis intérieurs. Enfin, il s’appuie sur une vision traditionnelle de la masculinité, reléguant les femmes dans un rôle maternel.
Et l’antifascisme dans tout ça ?
« L’antifascisme est un phénomène politique qui s’est ancré dans la durée et qui a connu des prolongements bien après la disparition du fascisme historique », pouvait-on lire dans un ouvrage du collectif La Horde paru aux éditions Libertalia (Dix questions sur l’antifascisme). Cette définition permet de légitimer la lutte antifasciste actuelle face à ceux qui défendent le fait que celle-ci aurait dû prendre fin avec la disparition du mouvement de Mussolini.
En réalité, l’antifascisme existait avant même la naissance du fascisme originel, lorsque des militant·es s’opposaient à l’extrême droite, alors désignée sous le terme « la réaction ». Aujourd’hui, il s’incarne dans une lutte contre les idées qui véhiculent les idées évoquées précédemment. Nous parlons bien ici d’idées, car celles-ci ne se limitent pas aux seuls mouvements fascistes. En effet, la porosité d’autres partis politiques aux théories d’extrême droite, ainsi que la façon dont le néolibéralisme s’en accommode, ne sont malheureusement plus à démontrer.
La FSGT, une histoire antifasciste
La FSGT est née de la lutte antifasciste et a toujours poursuivi ce combat. En 1936, la fédération a participé à l’organisation des Olimpiada Popular de Barcelone, en opposition aux Jeux de Berlin organisés par le régime nazi et dénoncés comme « Jeux de la honte ». Cette compétition n’aura finalement pas lieu en raison du début de la guerre civile en Espagne. Notons que, déjà présent·es sur place, de nombreux·ses athlètes de la FSGT prirent les armes pour défendre le pays face au coup d’Etat franquiste.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire de la fédération a été intimement liée à celle de la Résistance, notamment à travers le réseau clandestin « Sport libre ». Cet engagement s’est notamment manifesté par la personne d’Auguste Delaune, secrétaire général de la FSGT, torturé et assassiné par la Gestapo le 12 septembre 1943, ainsi que par celle de Marcel Rayman, membre du YASC (un club de la fédération), fusillé au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944 avec les autres membres du groupe Manouchian.
Par la suite, sur la scène internationale, la FSGT s’est engagée contre toutes les formes de discrimination et de colonialisme, notamment pendant la guerre d’Algérie, où elle défendait le droit du peuple algérien à déterminer librement son avenir. Elle a été également la première fédération à organiser des rencontres avec les sportif·ves non-raciaux·ales d’Afrique du Sud et s’est engagée aux côtés des Palestinien·nes dès 1982. Un engagement qui se poursuit aujourd’hui en faveur d’une Palestine libre et contre la politique d’apartheid et génocidaire du gouvernement israélien.
Enfin, au niveau national, la lutte contre les idées d’extrême droite de la fédération s’est principalement traduite à travers la lutte pour l’égalité d’accès aux pratiques, notamment pour les femmes. La FSGT a d’ailleurs été la première fédération à organiser des compétitions féminines en lutte, en judo ou en saut à la perche. Avec la montée de l’extrême droite en France et dans le monde, ces combats restent plus que jamais d’actualité.
Et maintenant ?
En 2002, le 21 avril fut un véritable choc pour les Français·es : Jean-Marie Le Pen accédait au second tour de l’élection présidentielle. Réveillée au son de Plus jamais ça du Suprême NTM, la société dans son ensemble, et le monde sportif en particulier, se mobilisa contre l’extrême droite.
Aujourd’hui, force est de constater que les temps ont changé. Avec une accession au pouvoir du Rassemblement national qui semble se rapprocher inexorablement, les prises de position se raréfient dans le mouvement sportif, soit par crainte de se mettre à dos les possibles prochains dirigeant·es, soit par peur de perdre des licencié·es en « stigmatisant » une partie d’entre eux/elles. Et si l’extrême droite au pouvoir était auparavant perçue comme une catastrophe, elle est aujourd’hui, au pire, vécue comme une simple alternance.
Aujourd’hui, plus que jamais, la FSGT assume son héritage antifasciste. Il s’agit avant tout de rappeler que les valeurs portées par la fédération et celles de l’extrême droite sont profondément incompatibles. En effet, la FSGT défend l’égalité d’accès à des pratiques, sans discrimination liée au genre, à l’origine, à la religion, à la couleur de peau ou au handicap. Cette position est difficilement compatible avec un projet politique qui, entre autres, prône l’interdiction de la pratique pour les musulmanes portant le voile ou la mise en place de tests de féminité pour les femmes jugées « trop masculines ».
La FSGT s’est également fixée pour objectif de « préparer (ses adhérent·es) à leur rôle de citoyen·nes au service d’une République laïque et démocratique » (Article 1er de ses statuts). Elle défend ainsi des pratiques inclusives et émancipatrices à l’opposé d’une logique d’uniformisation par l’assimilation telle que portée par l’extrême-droite.
L’extrême droite se caractérise aussi par une défiance vis-à-vis des associations, véritable contre-pouvoir démocratique. Elle tend ainsi à restreindre autant que possible leurs libertés et à exercer une pression sur toute forme de contestation. Il devient par exemple difficile de défendre des modèles alternatifs ou de s’opposer à un événement, comme la Coupe du monde de football organisée par Donald Trump, sous couvert de l’idée que « le sport ce n’est pas de la politique », alors même que les deux ont toujours été étroitement liés.
L’extrême droite, c’est également l’instrumentalisation des associations qui devraient toujours être plus « laïques » ou plus « républicaines » pour devenir le bras armé de l’État. Elles sont alors contraintes de collaborer, sous peine de perdre des subventions, leur agrément, voire d’être dissoutes.
C’est parce que ces combats restent pleinement d’actualité que la FSGT, fière de son histoire et consciente de ses engagements, se revendique et se revendiquera toujours antifasciste et qu’elle appellera toujours s’opposer à l’extrême droite dans les urnes.




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