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Des structures sportives et associatives dénoncent les tests de féminité du CIO 

Depuis le 26 mars 2026, le CIO conditionne la participation aux épreuves féminines des JO 2028 de Los Angeles à des tests génétiques. Un retour en arrière de plusieurs décennies pour la lutte contre les discriminations liées aux genres.  Si cette décision vise en effet explicitement tout d’abord les athlètes transgenres et intersexes, il n’en est pas moins question de contrôler le corps de toutes les femmes.   Associés à la montée des discours conservateurs sur le genre, ces normes d’éligibilité sportive sont des choix politiques qui font écho à la montée du fascisme et des idées réactionnaires dans le monde.  

Avec le numéro 11, l’athlète transgenre non-binaire Nikki Hiltz pendant des championnats américains en 2018. Jenaragon94-Flickr-cc by 2.0
Avec le numéro 11, l’athlète transgenre non-binaire Nikki Hiltz pendant des championnats américains en 2018. Jenaragon94-Flickr-cc by 2.0

Tribune de (au 06/05) : FSGT, Rouge direct, FC Paris Arc-en-ciel, Paname pride FC, Anestaps, Vertige Média, Fédération sportive LGBT+, Fondation fier... I Illustration : Jenaragon94-Flickr-cc by 2.0. 


Trente ans après avoir délaissé les tests dit de « féminité », le CIO impose à nouveau son hégémonie sur les corps des femmes cisgenres et transgenres.  L’accès aux compétitions olympiques « est désormais réservé aux personnes de sexe biologique féminin », non-porteuses du gène SRY, a expliqué l'instance dans un communiqué. 


Le test du gène SRY est parfois utilisé pour déterminer le sexe biologique d’une personne en recherchant la présence d’un gène généralement associé au chromosome Y.  Une approche dont le fondement scientifique est souvent remis en question, car la réalité biologique du sexe est bien plus complexe que la seule présence ou non de ce gène, mais aussi parce qu’il n’existe pas de preuve claire d’un avantage sportif significatif généralisé chez les athlètes  concerné·es. 


Il est aussi important de rappeler que les personnes intersexes représentent jusqu’à 1,7 % de la population mondiale. Il s'agit donc une invisibilisation de près de 136 millions de personnes dans le monde. 


Ces tests consistent ainsi, avant tout, à instrumentaliser la science pour légitimer l’exclusion des athlètes transgenres et intersexes du monde du sport en leur imposant des critères d’éligibilité stricts qui ne s’appliquent pas aux hommes cisgenres, ce qui soulève des questions d’équité et de discrimination liées au genre.  Ils participent ainsi à la construction et au maintien d’une vision binaire des corps, en veillant à ce que les performances féminines ne viennent pas remettre en cause la hiérarchie symbolique telles que perçues entre les sexes. 


 Un contrecoup politique 


Ces décisions discriminatoires ne peuvent pas être uniquement analysées avec le prisme sportif ou biologique : elles s’inscrivent dans un contexte politique et culturel plus large, où les débats autour du genre et du corps deviennent des terrains de tension idéologique. 


Dans plusieurs pays, on voit apparaître de plus en plus de courants conservateurs et masculinistes. Ces mouvements défendent une vision stricte et binaire du sexe et du genre et présentent la défense des minorités comme relevant de politiques dites progressistes. Dans cette perspective, le contrôle du corps des femmes constitue un fil historique récurrent dans de nombreux régimes autoritaires ou fortement normatifs.  


Pour un sport inclusif et émancipateur 


Le sport a toujours été un terrain d’inégalités biologiques. En instrumentalisant des causes féministes, ces tests représentent une véritable police du genre et constituent de nouvelles violences faites aux femmes cisgenres et transgenres. En tant que structures prenant part à l’organisation du sport en France, nous demandons que la mise en place de ces tests soit abandonnée. 


Le monde du sport se doit de protéger les femmes. Non en excluant certaines, mais en changeant un système qui les instrumentalise, les violente et les domine depuis toujours.  

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