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Le sport populaire face au RN en 2027

Que se passerait-il pour le sport populaire si le RN arrivait au pouvoir à la suite de la prochaine élection présidentielle ? Et, qui plus est, s’il obtenait une majorité à l’Assemblée nationale ?

© Nicolas Gérard
© Nicolas Gérard

 

Jordan Bardella, probable candidat du RN (Rassemblement national) à l'élection présidentielle de 2027, au regard de la situation judiciaire de Marine Le Pen, caracole en tête des sondages. La France semble donc prête à vivre une expérience de « démocratie autoritaire », à l'instar de l’Italie ou de l’Argentine, et l’historien Marc Lazar dressait, dans Le Monde du 1er avril 2026, une check-list des caractéristiques communes de ces nationaux-populistes une fois à la tête de l’État : « on met sous contrôle la justice, on attaque les juges et les cours constitutionnelles, on intimide l’opposition, mais aussi les médias, les intellectuels et l’université. »


Toutefois, les conséquences ne se limitent pas à démembrer les contre-pouvoirs institutionnels. Le sport risque ouvertement de se retrouver en première ligne des enjeux politiques. L’exemple récent des États-Unis en fournit la preuve via l’offensive transphobe de Donald Trump. Le despote cartoonesque de la Maison-Blanche a même réussi à imposer sa ligne idéologique au CIO, qui a rétabli les contrôles de féminité pour ses épreuves.

 

Préférence nationale

 

Par ailleurs, certaines questions permettront au RN de pousser son avantage en s’appuyant sur la dimension symbolique du sport. La double nationalité, qui a déjà suscité de nombreux débats dans le football, deviendrait forcément un chantier pour un nouveau gouvernement obsédé par la « préférence nationale ». Une occasion rêvée d’infuser la division entre « bons » et « mauvais » Français(es).


Cela dit, le terrain leur a déjà été déblayé. Citons les crispations autour de la laïcité, transformée en outil de discrimination envers les citoyen·nes musulman·nes, et le fameux projet de loi récemment adopté par le Sénat, en attente de vote à l’Assemblée nationale, prohibant les tenues ou signes religieux dans les compétitions. La victoire des idées d’extrême droite se joue autant dans les esprits que dans les urnes.

 

Le sport vu de droite ?

 

La politique sportive que mènerait le gouvernement RN, pour le peu qu’il soit possible de l’extrapoler au regard de la faiblesse de son programme sur ce chapitre, risquerait de fortement réduire la voilure du service public du sport. Le cas hongrois de Viktor Orbán, récemment battu dans les urnes, semble le démontrer : priorité donnée aux grands stades et concentration des financements en faveur des proches du pouvoir.


Pour ce qui concerne plus spécifiquement la France, la FSGT a toujours voulu rester ouverte à toutes et tous les pratiquant·es, y compris les réfugié·es, en situation régulière ou en attente de régularisation. Que se passera-t-il pour ces dernier·ères si la police nationale se transforme, en partie, en une forme d’ICE (la police des frontières aux USA) tricolore, fragilisant des statuts et des situations déjà très précaires ? 


Quelle sera la marge de manœuvre pour résister face à ce gouvernement, surtout s’il déroge aux principes républicains ? Sans compter les menaces directes sur les militant·es, dont l’actuelle vague de violence de groupuscules d’ultra-droite ne constitue que les tristes prémices, le futur gouvernement RN disposera de leviers, y compris économiques, pour faire taire les oppositions pourtant légitimes.


Une fois encore, les bases légales ont été déjà été posé. La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a posé l’obligation pour les associations et les fondations de souscrire un contrat d’engagement républicain afin de pouvoir recevoir des subventions ou obtenir une reconnaissance d’utilité publique. En recourant à une simple interprétation ultra-restrictive de ce dispositif voté par les macronistes, il sera possible de marginaliser et d’exclure un grand nombre de clubs - et pas seulement FSGT - qui ne se soumettraient pas.


La fidélité à son antifascisme fondateur a conduit la FSGT à appeler régulièrement à faire barrage à l’extrême droite lors des élections, contrairement à un monde sportif - en particulier le CNOSF - de plus en plus timoré à ce propos. Comment vivra-t-elle ses relations avec un gouvernement, et son éventuel ministre des Sports, qui considère que les « antifas » n’appartiennent pas au fameux « arc républicain » ?

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