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Sportif·ves amateur·rices l Ne cédez pas au dopage !

Dernière mise à jour : 16 févr.

Les sportif·ves amateur·rices sont également concerné·es par le dopage, ce fléau qui met en danger leur santé et qui fausse les résultats des compétitions… Alors que de simples bonnes habitudes à prendre au quotidien permettent de s’en passer !

© Paul Burckel

Le 11 septembre dernier, un séisme a frappé la planète football ! Ce jour-là, la presse italienne annonçait que Paul Pogba, international français évoluant dans le célèbre club de la Juventus de Turin, avait été contrôlé positif à la testostérone, un produit interdit par l’AMA (Agence mondiale antidopage), à l’issue d’un match disputé quelques jours plus tôt. Et selon Jérémy Roubin, le secrétaire général de l’AFLD (Agence française de lutte contre le dopage), cette vilaine tendance ne concerne pas que les sportifs et sportives professionnel·les… Il y a en effet « moins de dopage au haut niveau que dans les catégories inférieures », affirmait-il dans les colonnes du Télégramme en 2022.

« Dans le domaine général, la conduite dopante se définit par la consommation de produits en vue d’affronter un obstacle, qu’il soit réel ou ressenti », rappelle le site Internet du dictionnaire médical Vidal (vidal.fr). Existant depuis toujours dans le monde sportif (les sauteurs de la Grèce antique consommaient par exemple de la viande de chèvre dans l’espoir de faire de meilleurs bonds), une conduite dopante débute souvent par la prise de substances connues de toutes et tous, à l’instar des vitamines ou de la caféine, mais peut vite amener à des méthodes et des produits prohibés par l’AMA…

« Qu’elle provienne du sportif lui-même, qui cherche à briller ou à s’intégrer parmi son équipe, de ses parents, ou de l’encadrement technique, l’obligation de résultats est un moteur essentiel de la conduite dopante », assure le Vidal.

« Le sport n’est plus considéré comme un moyen d’exprimer son potentiel et de se faire plaisir, mais comme un enjeu justifiant de forcer les limites naturelles de son corps à l’aide de méthodes complémentaires. »

Si toutes les disciplines sont bien évidemment concernées par ce fléau, certaines (athlétisme, football, cyclisme, rugby et MMA en tête selon le dernier rapport de l’AFLD) sont plus touchées que d’autres. Quant au profil type d’une personne dopée, il s’agirait, toujours selon le Vidal, d’un homme jeune (entre 14 et 35 ans) pouvant être souvent issu d’une famille où l’usage de substances agissant sur le psychisme (alcool, tabac, anxiolytiques, somnifères, etc.) est banalisé et souffrant d’isolement social.


Des risques pour la santé

Se doper, c’est comme payer un arbitre de football pour que son équipe obtienne un pénalty à la dernière seconde d’un match haletant. Se doper, c’est comme trafiquer son vélo afin qu’il aille plus vite que ceux de ses adversaires. Se doper, c’est comme prendre le métro pendant son marathon et faire croire qu’on a fait tout le parcours. Bref, se doper, c’est tricher !

Mais se doper, c’est aussi prendre le risque de ne plus pouvoir faire de sport… Car la présence d’une substance interdite dans un échantillon de sang ou d’urine (dont on parle d’ailleurs dans l’encadré ci-contre), fourni à l’issue d’un contrôle antidopage, enclenche le démarrage d’une procédure disciplinaire par l’AFLD.

L’athlète suspecté·e risque une « interdiction de participer directement ou indirectement à toute manifestation sportive, ainsi qu’aux entraînements, pouvant être temporaire ou définitive en fonction du degré de gravité de la violation », indique le ministère des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques. « La personne encourt également une interdiction d’exercer des fonctions d’encadrement ou d'entraînement et de prendre part à toute autre activité d’une fédération sportive, d’une ligue professionnelle ou du CNOSF. »

À noter que les violations des règles antidopage ne sont pas nécessairement constatées par l’analyse d’un échantillon d'un ou une sportif·ve. Falsifier un ou plusieurs éléments du contrôle ou administrer à un·e athlète une substance prohibée sont aussi considérées comme des violations.

Et se doper, c’est aussi prendre le risque d’avoir d’importants problèmes de santé… Effectivement, le dopage « impose une substance pharmacologique que le corps n’est pas forcément prêt à supporter et qui peut avoir des conséquences à plus ou moins long terme », expliquait, dans les colonnes du journal L’Alsace en 2021, la médecin du sport Déborah Etienney. Des conséquences notamment « cardiaques, rénales, hépatiques, psychologiques et sur la fertilité ».

La liste des produits dopants existants est longue comme le bras (glucocorticoïdes, narcotiques, stimulants…), mais prenons le cas des stéroïdes anabolisants. Très prisés par certain·es sportifs et sportives, les stéroïdes « vont augmenter la masse musculaire », précise la Dr Etienney. Mais cette substance agit également sur le cœur (qui est, pour rappel, un muscle) et lui fait « perdre progressivement sa capacité à se contracter, ce qui favorise les arrêts cardiaques ».

Autre exemple avec l’EPO (ou érythropoïétine) qui accroît les capacités aérobies via l’augmentation d’hématocrite, c’est-à-dire la part de globules rouges dans le sang. « Dans une activité sportive normale, le taux d’hématocrite augmente naturellement, puisque le corps est déshydraté suite à l’effort », pouvait-on lire dans un article du Dauphiné libéré en 2022.

« Mais lors d’un dopage, le sportif s'injecte une dose supplémentaire d’EPO. Or, s’il dépasse les 55 % d’hématocrite dans le sang, la viscosité de ce dernier devient dangereuse. Elle expose le sportif à des complications cardiovasculaires, comme des thromboses artérielles ou des morts subites pendant l’effort. »


De bonnes habitudes

Mais alors que faire pour éviter tout cela ? En tout premier lieu : sensibiliser et former les sportifs et sportives et leurs familles, les encadrant·es et les professionnel·les de santé sur les conduites dopantes et leurs possibles conséquences.

Le ministère des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques est chargé de définir la politique publique de prévention et de lutte contre le dopage, mais d’autres structures sont également impliquées dans ce processus : l’AFDL, le CNOSF, les Antennes médicale de prévention du dopage, les Délégations régionales académiques à la jeunesse, l’engagement, et au sport, l’Ordre des pharmaciens et, bien sûr, les fédérations sportives et les clubs qui y sont affiliés.

Parallèlement à cela, il faut aussi insister sur les bonnes habitudes à prendre si l’on veut progresser. Car de meilleures performances passeront forcément par plus d’entraînements (à condition d’écouter son corps), par un investissement dans des activités physiques et sportives complémentaires à sa discipline favorite (un·e pratiquant·e de MMA aura par exemple tout intérêt à faire de la musculation à côté de ses séances), par une une bonne hydratation avant, pendant et après l’effort et une alimentation saine et équilibrée.

Enfin, chaque sportif·ve est invité·e à ne boire que dans sa bouteille (ou une bouteille capsulée), à garder les ordonnances des médicaments qu’il/elle prend ou a récemment pris et à prêter une attention particulière aux compléments alimentaires ! Car si 60% des Français·es en consomment régulièrement, certains compléments peuvent en effet contenir des produits interdits par l’AMA…


 

Antidopage : Tout savoir sur le contrôle des urines

À l’occasion d’une compétition organisée par une fédération sportive, chaque participant·e est susceptible de voir ses urines contrôlées afin de vérifier qu’il/elle n'utilise aucune substance et/ou méthode interdites par l’AMA (Agence mondiale antidopage). Informée du contrôle juste à la fin de l’épreuve par un·e délégué·e habilité·e, la personne contrôlée signe une convocation avant de se rendre, munie d’une pièce d’identité et de sa licence, aux toilettes en présence d’un·e médecin qui vérifiera l’émission, sans fraude, d’au minimum 75 ml d’urine à l’intérieur d’un gobelet préalablement récupéré dans un sac plastique scellé. Après avoir transvasé le contenu du gobelet dans deux flacons en verre (issus d’un autre pack scellé) et les avoir complètement fermés, le/la sportif·ve va être questionné·e sur les médicaments qu’il/elle a récemment pris. Il est donc nécessaire de conserver les ordonnances de ces médicaments, mais également des justifications thérapeutiques si d’éventuels traitements interdits (mais autorisés sous certaines conditions par l’AMA à l’instar de ceux contre l’asthme) sont utilisés. Notons enfin que le cannabis et les autres psychotropes sont considérés comme des produits dopants, qu’une vigilance particulière doit être observée en cas d’automédication et que la soustraction au contrôle est sanctionnée comme un contrôle positif.

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