Plongez en toute sécurité !
- Nicolas Kssis

- 4 déc. 2025
- 4 min de lecture
La plongée sous-marine est une aventure sportive fascinante. Cependant, cette activité exige prudence, rigueur et maîtrise des risques...

En France, la plongée avec bouteille dans une structure associative ou professionnelle est très réglementée. Il est indispensable de présenter, sauf pour un simple baptême, un certificat médical d’absence de contre-indication à la pratique datant de moins d’un an, et la délivrance de brevets par la FSGT et la Fédération française d’études et de sports sous-marins détermine le cadre des sorties. Si des certifications permettent à des palanquées (groupes des plongeur·ses) d’être encadré·es par des guides ou des moniteur·trices s’occupant de tout, les clubs FSGT favorisent les cursus tendant vers l’autonomie.
Avant chaque sortie organisée, le directeur ou la directrice de plongée d’une association doit tenir compte des brevets et de l’expérience des pratiquant·es afin qu’ils/elles puissent plonger en toute sécurité. Il/elle doit notamment pouvoir répondre à toutes leurs questions.
La température de l’eau, la visibilité et la force du courant varient considérablement d’un site de plongée à l’autre, et il est impératif d’en tenir compte avant chaque immersion. Les milieux froids, avec des eaux inférieures à douze degrés, ou les plongées souterraines et spéléologiques, exigent d’ailleurs des compétences spécifiques et un matériel particulier, comme des combinaisons étanches ou des formations spécialisées.
Le cadre strict de la plongée ne se limite pas à la maîtrise des paramètres techniques.
Elle comporte également des risques qui peuvent entraîner des conséquences graves pour la santé. Ces risques peuvent être regroupés en quatre grandes catégories et la première d’entre elles regroupe les accidents barotraumatiques.
Le barotraumatisme de l’oreille ou des sinus résulte d’une mauvaise égalisation des pressions pendant la descente ou la remontée, provoquant douleurs, vertiges, saignements ou même rupture du tympan. C’est l’accident le plus fréquent en plongée, et il touche même des plongeur·ses autonomes expérimenté·es. Pour limiter ces désagréments, il est recommandé de descendre lentement et d’utiliser des manœuvres d’équilibrage comme celle de Valsalva. Elle consiste à pincer le nez, fermer la bouche et souffler doucement sans laisser l’air s’échapper. Il est conseillé de ne jamais plonger en cas de rhume, car la pression ne s’égalise plus à cause de l'inflammation des tissus de la sphère ORL.
La suppression pulmonaire, autre accident barotraumatique, survient lors d’une remontée trop rapide sans expiration. Elle peut provoquer une embolie gazeuse, un pneumothorax ou un emphysème médiastinal (présence anormale d’air ou de gaz au centre de la poitrine). Pour l’éviter, il est essentiel de ne jamais bloquer sa respiration et de respecter une vitesse de remontée maximale de quinze mètres par minute. Votre ordinateur de plongée vous avertit lorsque vous remontez trop vite, prêtez-y donc une attention particulière.
Les accidents liés aux gaz respirés représentent une autre catégorie de risques. La narcose à l’azote, qui se manifeste généralement à partir de trente mètres de profondeur, est provoquée par l’effet anesthésiant de l’azote et suscite euphorie, perte de jugement, lenteur et désorientation. La prévention repose sur une descente lente, une communication fréquente avec les membres de sa palanquée et une planification commune pour se donner des points de repère à respecter (consommation, temps, palier, profondeur).
L’intoxication à l’oxygène, ou hyperoxie, survient lorsque la pression partielle d’oxygène est trop élevée. Respecter les limites de profondeur adaptées au mélange respiratoire est primordial pour éviter les convulsions ou une perte de conscience et la noyade qui peut en résulter. La plongée à l’air (sans mélange) est justement limitée à 60 mètres en France pour ne pas atteindre cette pression partielle trop élevée. Si la plongée Nitrox, utilisant de l’air enrichi à l’oxygène, permet d’effectuer des plongées loisir fréquentes moins fatigantes pour l’organisme, il faut néanmoins respecter la limite de profondeur correspondant au mélange.
Entraînant les mêmes risques, l’hypoxie résulte d’un manque d’oxygène causé par une panne d’air ou d’une mauvaise gestion du mélange en plongée technique au-delà de 40 mètres. La vigilance passe par une planification rigoureuse avant de plonger et le respect de cette planification par la palanquée sous l’eau.
Enfin, les accidents de désaturation apparaissent lorsque la remontée est trop rapide ou que les paliers ne sont pas respectés, provoquant la formation de bulles dans les tissus. Ils se manifestent par des douleurs articulaires, des troubles neurologiques, voire la paralysie ou la mort. La prévention repose sur le respect strict des procédures de désaturation, l’usage d’un ordinateur de plongée, une bonne hygiène de vie, une hydratation suffisante et l’absence d’effort pendant et après une plongée. L’alcool est évidemment à proscrire les heures qui précèdent une sortie et celles qui les suivent.
N'oublions pas non plus les effets au niveau cardiovasculaire. Le stress lié à la profondeur ou à la durée d’une plongée peuvent engendrer une forte fatigue et accentuer les risques chez les personnes présentant des problèmes cardiaques ou une hypertension non contrôlée.
Certains accidents sont liés à l’environnement et/ou à des facteurs humains et organisationnels, mais il est toujours possible de limiter les risques. Comme cela est précisé tout au long de cet article, les différents incidents peuvent être prévenus en réalisant toujours une préparation minutieuse du matériel, en possédant un équipement adapté, en étant bien formé·e, en ayant une bonne condition physique, en respectant strictement les consignes de sécurité et en plongeant en palanquée.
De plus, il faut rappeler que la plongée sous-marine offre de nombreux bienfaits physiques et mentaux.
Elle favorise le renforcement musculaire en sollicitant l’ensemble des muscles, des bras et des épaules aux abdominaux, fessiers et cuisses. La plongée stimule également le système cardiovasculaire, tout en épargnant les articulations, car elle se pratique sans impact. Selon les conditions, une sortie de quarante-cinq minutes peut brûler entre 450 et 500 calories, l’équivalent d’une course à pied modérée.
Et surtout, la plongée détend. L’immersion dans un univers silencieux et dépaysant favorise le lâcher-prise et l’émerveillement face à la nature, parfois accompagnée d’une prise de conscience écologique. Apprendre à maîtriser sa respiration constitue également un excellent outil anti-stress, dont les effets sont largement reconnus. Alors n’hésitez plus à plonger, mais en toute sécurité.







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